Alain-Fournier, demi pseudonyme d’Henri Alban Fournier (1886 - 1914)
Fils d’instituteurs, élève de la classe de son père, Henri vit une enfance berrichonne (La Chapelle d’Angillon).
En 1898 il est pensionnaire à Paris au lycée Voltaire. Tenté par la marine, il essaye une seconde au lycée de Brest pour préparer Navale, mais y renonce (1901).
Il passe son bac à Bourges et intègre la khâgne du lycée Lakanal de Sceaux où il a pour condisciples Jacques Rivière - qui devient son meilleur ami -, Jules Romains, René Bichet "le petit poète" et Guinle le musicien.
En 1905 le jour de l’ascension, le jeune étudiant vit une rencontre bouleversante avec une jeune fille blonde aperçue au cours d’une promenade, Yvonne de Quievrecourt. Il ne la voit que deux fois : les jeunes gens n’échangent que quelques mots. Henri transposera l’histoire de cette passion dans le grand Meaulnes avec le personnage d’Yvonne de Galais.
Après deux échecs successifs au concours de Normale, et le renoncement à Yvonne dont il apprend le mariage, il effectue son service militaire de novembre 1907 à octobre 1909 : en même temps il prépare une licence d’anglais à laquelle il échoue.
1909 : sa sœur Isabelle épouse son ami Jacques Rivière qui devient son beau-frère.
1910 : Henri cherche un emploi dans le journalisme. Recommandé par ses amis il est rédacteur à Paris Journal dont Charles Morice, critique d’art, dirige la page littéraire.
Henri vit une liaison avec une modiste parisienne d’origine berrichonne, Jeanne Bruneau, avec laquelle il rompt en 1911.
En 1912 Henri quitte Paris Journal. Grâce à Charles Péguy, il devient secrétaire de Claude Casimir Perier, fils de Jean, ancien et éphémère président de la République (1894 -1895) : Claude prépare un livre sur "Brest, port transatlantique européen". Il est marié (mari volage) avec la comédienne Pauline Benda, plus connue sous le nom de Madame Simone, interprète entre autres de "la faisanne" du Chantecler de E.Rostand après avoir succédé à Sarah Bernard dans l’Aiglon. Henri et Pauline commencent en mai 1913 une liaison passionnée qui s’achèvera avec la mort d’Henri sur le front en 1914.
En juillet 1913 Henri a une dernière entrevue à Rochefort avec Yvonne devenue Madame de Vaugrigneuse et mère de deux enfants.
Cinq numéros successifs de la NRF (juillet à novembre 1913) publient le grand Meaulnes : le roman paraît chez Emile Paul en octobre grâce aux relations de Pauline ; André Gide avait refusé fin 1909 de publier dans les premiers numéros de la Revue deux essais de Fournier : la partie de plaisir et le pays sans nom, ébauches du grand Meaulnes.
Alain Fournier échoue au Goncourt de 1913 à une voix près.
En avril 1914 Pauline, enceinte d’Henri, avorte.
Juillet 1914 : Henri et Pauline séjournent à Cambo les Bains, où les Perier louent une villa proche de la demeure des Rostand : ils promettent de se marier après la guerre.
Août 1914 : Henri rejoint son régiment à Mirande.
19 Septembre 1914 : dernière lettre d’Henri à Simone et à ses parents.
22 septembre 1914 : Henri est tué dans le bois Saint Rémy, au sud de Verdun. Son corps ne sera découvert qu’en 1991 dans une fosse commune.