J.G.Tronche : un homme en proie aux livres

1890 : JGT et le livre

Jean Gustave Tronche (JGT) se retrouve à quatorze ans (1898) dans l'obligation de travailler, devenant en tant qu'aîné, chef d'une famille nombreuse : sa mère JGT et sa mère (Game, comme l'appelleront ses petits enfants), son frère et ses deux sœurs : quatre bouches à nourrir en plus de la sienne.

Le "Livre" entre alors dans sa vie : commissionnaire en librairie, il représente les éditeurs auprès des libraires et des particuliers. Les bouquins ne le quitteront plus.

La famille habite Bordeaux où Gustave Auguste Tronche, le père, employé chez Larousse, avait été muté après avoir occupé un poste à Paris.

Chez Gabriel Frizeau, mécène féru d'art et de littérature, il rencontre le peintre André Lhote qui a quitté l'école à treize ans pour devenir apprenti dans l'atelier d'un sculpteur. Les liens amicaux entre les deux jeunes gens se transformeront en liens familiaux puisque JGT épouse Jeanne Hayet, sœur de Marguerite (Margot) la femme de Lhote.
Le couple habite en 1908 passage Montbrun, dans le quatorzième arrondissement de Paris, à proximité du parc Montsouris.
Dans les salons bordelais de G.Frizeau JGT rencontre, entre autres littérateurs, Jacques Rivière, critique littéraire à la toute jeune NRF.
En 1910, JGT est présenté à A.Gide. Il travaille à Paris-Journal, comme Alain-Henri Fournier. La même année Jeanne décède des suites d'une fièvre puerpérale, ainsi que son bébé.

Ce n'est qu'en 1912 que JGT, après de longues négociations avec les fondateurs de la NRF, intègre la prestigieuse maison, comme administrateur commercial de la Revue et des éditions de la NRF dirigées par Gaston Gallimard, antérieurement dénommées "comptoir d'édition".
JGT vit la guerre 14-18 en tant que sous-lieutenant d'artillerie : son frère Pierre y perdra la vie.
En 1919 il reprend ses activités à la Revue ainsi qu'à la "librairie Gallimard", nouvelle appellation de la maison d'édition.

Il épouse Suzanne Bonnierre, collaboratrice d’Adrienne Monnier à la librairie de la rue de l'Odéon.
Un différend oppose en 1921 JGT à Gaston Gallimard qui restructure la maison NRF : JGT considère la nouvelle définition de son poste comme une rétrogradation.

JGT, François et NannieEn1922 naissance de Jeannine, sa première fille.
Cette même année, JGT démissionne, nonobstant les conseils de Proust et de Rivière, devenu directeur de la Revue, dont J.Paulhan est le secrétaire.
On trouve trace d'une maison d'édition "éditions les deux amis" domiciliée chez JGT rue de Vaugirard, qui édite "les clowns" de W.Church illustré par G.Rouault.
JGT entre à la "librairie de France", maison d'édition dirigée par F.Sant'Andréa et L.Marcerou, 110 bd. Saint-Germain, qui publie entre autres des ouvrages consacrés à l’art.
Naissance en 1923 de son fils François.
Nous trouvons mention des Nouvelles Librairies-Bibliothèques (NLF), domiciliées rue de Vaugirard et dirigées par JGT : la couverture du catalogue est illustrée par son beau-frère, le peintre A.Guindet.
En 1927 décès de Suzanne Bonnierre.
Gabrielle Brulfert
JGT crée les "Editions Nationales" en 1937.
De 1940 à 1944, il est réfugié à Cahors avec toute sa famille : son épouse Gabrielle Brulfert, mère de Marie, Jacques-Antoine et Catherine, ainsi que Jeannine et François.1942 : Antoine, Catherine, Marie, Nannie et François
Pendant cette période, JGT reprend sa bicyclette et sillonne le sud-ouest pour vendre des livres, comme il le fit quelques quarante années plus tôt.
En 1944, il publie une revue, "les Etoiles du Quercy", regroupant des intellectuels résistants.Laurence en 1951
En 1945, retour à Paris : la famille s'installe à Bellevue-Meudon, puis à Chatenay-Malabry. Editeur, il dirige la Nouvelle Librairie de France, reconnue pour ses publications historiques (Histoire du Travail, des Explorations, du Peuple Français, de la Femme), la revue Miroir de l’Histoire, l'édition et la vente d'ouvrages par courtiers (co-éditions de titres du patrimoine littéraire avec l'Imprimerie Nationale), ainsi que la reproduction de tableaux (Arts, Lettres et Techniques)
En 1948, naissance de sa dernière fille Laurence.

La Nouvelle Librairie de France publie également des éditions de luxe, illustrées par des peintres réputés : ainsi Walter Spitzer crée les lithographies qui accompagnent "l’œuvre romanesque" d’André Malraux, paru en 1961 ; en 1963 paraissent les "œuvres complètes" d’Antoine de Saint Exupéry dont chaque volume est accompagné de lithographies conçues par Georges Feher et réalisées dans l’atelier de Fernand Mourlot.
En 1967, Léonor Fini illustre le tome 2 des Oeuvres Poétiques de Verlaine.
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