Au début de l’année 1908 un groupe d’écrivains amis décident de fonder une nouvelle revue littéraire : ils veulent contrôler un point de chute où ils pourront publier leurs textes, et y accueillir des confrères pour lesquels la revue serait chaque mois "un lieu d’asile", où "d’être homme d’honneur on ait la liberté".
Eugène Montfort, Charles-Louis Philippe, Henri Ghéon, André Ruyters, Marcel Drouin, Jacques Copeau, Jean Schlumberger reconnaissent en André Gide leur aîné, leur guide, leur chef de file.

Après l’échec du premier numéro (15 novembre 1908) et l’éclatement du groupe  suite à une dissension entre Gide et Montfort, le second premier numéro parait le 1er février 1909.
Parmi les  collaborateurs de la jeune revue on citera Romain Rolland, André Suarès, Paul Claudel, Léon-Paul Fargue, Valéry Larbaud, Jacques Rivière.

Schlumberger assure la première direction (et les premiers subsides), suivi de Jacques Copeau (mai 1912 à août 1914) : Jacques Rivière est le secrétaire de rédaction (janvier 1912 à août 1914) et Jean-Gustave Tronche l’administrateur commercial de 1912 à 1921 (notre parent a donc bien été au coeur de "la rose des vents de la littérature française de l’entre deux guerres" selon le mot de François Mauriac)
La revue connaît une lente mais continuelle ascension, donnant naissance en 1911 à un "comptoir d’éditions" que dirige Gaston Gallimard (coopté par les fondateurs) et qui deviendra "Librairie Gallimard" puis "Editions Gallimard", ainsi qu’au théâtre du Vieux Colombier et aux décades littéraires de Pontigny.
Seront publiés Alain Fournier, Guillaume Apollinaire, Francis Carco, Jean Giraudoux, André Spire, Paul Valéry, Roger Martin du Gard…

La guerre disperse les auteurs : la revue s’arrête en septembre 1914 pour reprendre en juin 1919, sous la direction de Jacques Rivière, bientôt assisté de Jean Paulhan : celui-ci secondera Gaston Gallimard, directeur de 1925 à 1934, et lui succédera en 1935.

A partir des années 20, Rivière ouvre la NRF à de nouveaux auteurs, dont Marcel Proust qui s’était vu refuser son "du côté de chez Swann" en 1913, publié chez le concurrent Grasset, mais "récupéré" par la NRF en 1917, les surréalistes Louis Aragon et André Breton, Marcel Jouhandeau, François Mauriac, Paul Morand…
Durant l’entre-deux-guerres revue et éditions assurent leur hégémonie sur les lettres françaises. Gallimard restructure la maison NRF, J.G.Tronche démissionne et sera remplacé par Louis- Daniel Hirsch en 1922 au poste de directeur commercial.

La revue interrompt sa parution en 1940, puis, placée sous tutelle allemande, reparaît, dirigée par Pierre Drieu La Rochelle jusqu’en juin 1943 : les orientations "collaborationnistes" de ce dernier vaudront à la NRF, à la libération,  une interdiction de publication.

La nouvelle NRF reparaît en 1953, Jean Paulhan et Marcel Arland assurant une co-direction : mais elle ne connaîtra ni l’audience ni l’influence de son aînée : son prestige sera contesté par d’autres revues qui attireront les jeunes auteurs.

En 1968 Arland prend seul la direction de la revue, avec Dominique Aury comme secrétaire générale. Les directeurs de rédaction successifs seront en 1977 Georges Lambrichs, Jacques Réda en 1987, Bertrand Visage en 1996 et Michel Braudeau en 1999.

Les éditions de la NRF occuperont successivement le domicile des Gallimard rue Saint Lazare, le 31 rue Jacob (6°), chez Marcel Rivière éditeur d’ouvrages d’économie politique, le 1 rue St Benoit (6°) une boutique de teinturier, les 35-37 rue Madame (6°) de 1912 à 1921, le 3 rue de Grenelle (7°) de 1921 à 1929, le 43 rue de Beaune devenu 5 rue Sébastien Bottin (7°) de 1930 à 1975…
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Pour en savoir plus : Editions GALLIMARD

La NRF : Nouvelle Revue Française